
Je me rends que très rarement au supermarché, mais quand cela m’arrive, je suis frappé par la multitude de produits qui s’alignent sur les rayons. Entre les paquets aux couleurs chatoyantes qui promettent mille merveilles et les promotions alléchantes, il est facile de se laisser tenter et de remplir son chariot avec des denrées pas toujours recommandables pour la santé.
Pourtant, ce que nous mangeons chaque jour détermine en grande partie notre état de santé. Comme le disait déjà Hippocrate : « Que ton aliment soit ton seul médicament ». En effet, la composition de notre assiette a un impact direct sur le fonctionnement de notre organisme, le renouvellement de nos cellules et notre prédisposition à certaines maladies.
Cette relation étroite entre alimentation et santé ne date pas d’hier. Pendant des décénnies, nos ancêtres consacraient une part importante de leur budget, entre 30 et 35%, à se procurer une nourriture de qualité, principalement locale et de saison. Une alimentation variée et équilibrée était perçue comme indispensable pour rester en forme.
Mais au fil des décennies, avec l’essor de l’industrie agro-alimentaire, la part du budget consacrée à l’alimentation n’a cessé de décroître, au profit d’autres postes comme le logement ou les loisirs. Aujourd’hui, l’alimentation ne représente plus qu’environ 15% des dépenses des ménages, soit deux fois moins qu’autrefois !
Cette réduction du budget alimentaire a eu des implications directes sur la qualité de notre alimentation. Les aliments transformés, riches en sucres ajoutés, en graisses saturées et en additifs chimiques bon marché, sont devenus des choix populaires en raison de leur coût abordable.
De nombreuses études scientifiques ont démontré un lien entre la consommation d’aliments industrialisés et la prévalence accrue de ces maladies dites de civilisation. Par exemple, la surconsommation de viande rouge et de charcuterie augmenterait de 20% le risque de cancer colorectal.
Les liens entre la pollution alimentaire et le cancer sont complexes, mais les preuves s’accumulent pour soutenir cette corrélation inquiétante. Il suffit d’observer la progression irrémédiable des maladies dégénératives. Les pesticides utilisés dans l’agriculture intensive ont été associés à un risque accru de certains cancers, tels que le cancer de la prostate, le cancer du sein et le cancer de la peau. Les hormones et les antibiotiques administrés aux animaux d’élevage peuvent également contribuer à la résistance aux médicaments et à la perturbation hormonale, augmentant potentiellement le risque de cancer hormono-dépendant.
L’excès de sucre et de gras trans contenus dans les plats préparés favoriserait le diabète de type 2 et les maladies coronariennes. Les additifs alimentaires controversés joueraient également un rôle dans l’explosion des troubles du comportement. Bref, nous récoltons aujourd’hui les fruits amers d’une alimentation industrialisée privilégiant la rentabilité à notre santé.
Alors, comment renouer avec une alimentation synonyme de vitalité et de bien-être ? Tout d’abord, en prenant conscience de l’impact du contenu de notre assiette sur notre organisme. Rappelons-nous que chaque aliment consommé fournit à nos cellules les « briques élémentaires » nécessaires à leur fonctionnement.
Privilégions les aliments de qualité, le plus naturel possible, en variant les sources de nutriments : légumes et fruits de saison, céréales complètes, oléagineux, légumineuses, œufs, viande et poisson. Limitons la part d’aliments transformés et de malbouffe, riches en sucres, graisses, sel et additifs.
Adaptons notre budget pour inclure des aliments sains, quitte à diminuer certaines dépenses superflues. Achetons local, de saison, et cuisinons maison le plus souvent possible. Retrouvons le plaisir de prendre le temps de bien manger, en pleine conscience de ce que nous offrons à notre corps.
Oui, suivre ces recommandations demande un effort. Mais la santé n’a-t-elle pas plus de valeur que n’importe quel autre poste de dépenses ? Investir dans notre alimentation, c’est investir dans notre mieux-être et notre vitalité sur le long terme.
L’expression « Je suis ce que je mange » résonne plus fort que jamais dans le contexte actuel. L’évolution des priorités budgétaires a eu un impact significatif sur la qualité de notre alimentation et, par conséquent, sur notre santé. Les liens entre la pollution alimentaire et le cancer soulignent l’importance de faire des choix éclairés en matière d’alimentation. Si nos ancêtres étaient en mesure de consacrer une part plus importante de leur budget à l’alimentation, il est possible pour nous de rétablir un équilibre en accordant une attention accrue à la qualité des aliments que nous consommons. Cette démarche exige un changement de mentalité, une éducation continue et un engagement envers des choix alimentaires sains qui favoriseront une meilleure santé et un bien-être durable pour les générations à venir.
Alors la prochaine fois que vous faites vos courses, souvenez-vous : « Je suis ce que je mange ». Remplissez votre panier en faisant le choix d’une alimentation vraie, saine, vivante. Votre corps vous le rendra au centuple !
Sources:
World Cancer Research Fund (WCRF). « Diet, Nutrition, Physical Activity and Cancer: a Global Perspective. » 2018.
FAO. « The State of Food Security and Nutrition in the World. » 2020.
Drewnowski, A., & Almiron-Roig, E. (2010). Human perceptions and preferences for fat-rich foods. In Montmayeur J.P., le Coutre J. (Eds.), Fat Detection: Taste, Texture, and Post Ingestive Effects (pp. 265-290). CRC Press/Taylor & Francis